samedi, 29 janvier 2011
Le pire des miroirs n'est pas celui qui déforme
Hommage à un professeur d’allemand qui fait bien son métier.
Je me dresse devant vous, mon miroir cruel
Impitoyable, et indifférent, doucement vous m’exposez
Chacune de mes monstruosités
Votre rôle n’est pas celui la douceur, ni de la consolation :
Vous me montrez mes échecs à la perfection.
Je devrais être le maître de ma destinée, et pourtant
Maladroite et docile, fragile et difforme,
À chaque moment passé à me tenir devant vous,
Je sens que j’échoue à l’épreuve de l’humilité,
Et ne réussi qu’à me faire humilier.
Et enfin, même si devant vous je prétends me maîtriser,
Ce n’est qu’une fois votre regard détourné,
Que je peux alors d’autant mieux examiner
À la lumière blafarde de mon esprit suffoquant
La réalité de mes incapacités :
Ni belle ni géniale, devant vous, monsieur
D’une diction de cheval,
D’un souffle lourd,
D’un vocabulaire fade,
D’une intelligence déclinante,
Je ne suis plus alors qu’un être que vous informez
De sa médiocrité
Et qui, plutôt que motivée à s'améliorer,
Se laisse doucement tentée
Par la délicate envie de s'allonger
Sur la voie ferrée.
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lundi, 13 septembre 2010
To be in love
Drôle de chose que de se retrouver amoureux.
Un jour on était serein, heureux mais impatient.
Souvent le refrain dans notre tête se répète, celui du sentiment qu’il nous manque quelque chose, un désir ardent de rencontrer un Être : qu’est-ce qu’on s’imagine ? Une personne qui brille de par ses rires, sa conversation et ses passions. On s’invente un compagnon avec qui ce serait comme une sorte de communion que nous n’avons pas même avec nos amis les plus proches. On imagine un idéal, et on se dit «qu’est-ce que ça serait bien ! »
Et puis un jour, on tombe. Parfois on a trouvé quelqu’un, qui ne nous remarque d’ailleurs pas forcément encore. On guette, on délire, on danse autours cette discrète danse nuptiale, on tourne, on rougit, on rit trop fort ou alors on ne peut plus dire une phrase intelligente.
Souvent, c’est sans espoir.
Parfois, c’est différent. Parfois on fréquente une personne et on devient intime, un jour, ça change un peu, on se rend compte que on a peut-être un peu trop besoin d’elle.
Alors, tout devient différent.
On était naïf et calme : les choses semblaient si peu nous toucher, avant ! L’électrocardiogramme était régulier, pourrait-on dire.
Avant, peu importait de ne pas voir quelqu’un pendant quelques jours.
Avant, peu importait les sorties du soir, les beuveries, les rencontres.
Avant, qu’est-ce qu’on s’en foutait que cette personne nous coupe, nous ignore, soit occupée à autre chose, sourit aux inconnus. On n’espérait rien, on n’avait aucune déception.
Et puis, du jour au lendemain…
Du jour au lendemain, on devient complètement fou.
Un sourire, un compliment ? On se le retourne avant de dormir pendant des heures.
Une critique ? Celle-ci ne sera jamais oubliée.
Et à chaque fois qu’on se surprendra à faire cela, on repensera à cette critique, et on aura honte.
Un mot blessant, une moquerie qui fait mouche ? C’est à miner le moral en l’espace d’un instant.
Les choses insignifiantes prennent une importance démesurée, on en serait parfois prêt à en crever !
La colère afflue et reflue comme une vague puissante, la tendresse infinie et l’envie violente d’être touché, embrassé, caressé et griffé.
Et cette dépendance ! Cette obsession pour une personne qui n’aura souvent pas fait grand-chose pour la mériter, et cette infernale sensation d’être vide et seul, lorsqu’elle n’est pas là.
Si Dieu existe, il aura inventé le sentiment amoureux. Si Dieu existe, Dieu est un psychopathe.
21:10 Publié dans Lecture - Ecriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 16 août 2010
Tomber, tomber, tomber pour se relever

Et Salômbo au Pakistan
Elle a touché une fleur sacrée
Et elle craque au Pakistan
Elle a trop vu, trop entendu
Deux pays au bout du monde
Des milliers de gens en colère
En perçant les secrets du temple
Elle y déclencha la guerre
Je suis assise à ma table, seule chez mes parents partis en vacances. Et les miennes sont bientôt finis. Je suis à un de ces moments de ma vie où j'ai l'impression qu'il faut que je prenne une grande inspiration, pour me préparer à plonger pour une année entière, encore.
J'ai à peine survécu à la précédante, (ainsi que mon couple), qu'est-ce que ça va donner maintenant? Alors qu'on avait deux mois, j'ai à peine eu le temps de faire mes devoirs de vacances et les autres choses que j'avais prévues, que je voulais absolument faire, parce que de septembre à juin, ça sera tout simplement l'Enfer. J'ai vraiment peur en fait, il paraît que les années de prépa sont les plus dures années, et la deuxième, pire que la première. J'en viens parfois à regretter d'avoir été admise. La fac aurait été bien plus reposante. Non, j'ai choisi l'ambition et l'angoisse permanente de décevoir.
Mais si je ne me noie pas, et que après cette longue, très longue année, je revois le jour, alors tout sera beaucoup plus clair: je continuerai mes études, mais sans crainte. J'ai vraiment hâte que ça soit fini, bien qu'une partie de moi aime énormément ces moments, où, parce que tous dans la même misère, on s'entend si bien avec nos amis dans le même bâteau, le même stresse, mêmes angoisses.
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jeudi, 20 mai 2010
Rien de nouveau
A part que j'ai une étrange envie de crever. Crever. Crever.
Hurler aussi.
Les deux.
J'ai quelqu'un dans ma vie.
Ce quelqu'un a une ambition dans la vie.
Me torturer, lentement. Mois après mois. Moi, toujours moi.
Il a une méthode particulière, je ne sais pas où est-ce qu'il l'a apprise.
Vous savez, du style, je vais devenir tout pour toi, et puis...je te brise.
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mercredi, 27 janvier 2010
Il n'y a pas d'amour heureux
Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
Il n'y a pas d'amour heureux
Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes
Il n'y a pas d'amour heureux
Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j'ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
Il n'y a pas d'amour heureux
Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare
Il n'y a pas d'amour heureux
Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs
Il n'y a pas d'amour heureux
Mais c'est notre amour à tous les deux
Louis Aragon (La Diane Francaise, Seghers 1946)
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