mercredi, 27 janvier 2010

Il n'y a pas d'amour heureux

Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
Il n'y a pas d'amour heureux

Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes
Il n'y a pas d'amour heureux

Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j'ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
Il n'y a pas d'amour heureux

Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare
Il n'y a pas d'amour heureux

Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs
Il n'y a pas d'amour heureux
Mais c'est notre amour à tous les deux

 

Louis Aragon (La Diane Francaise, Seghers 1946)

samedi, 23 janvier 2010

Le soupir des insoumis livrés à la dernière porte


L’univers humain, parsemé de sentiments et d’émotions diverses et étranges, celui là même qui, comme une gigantesque marmite bouillonnante, mêle tout ce que la nature offre de sublime et d’horreur, semble être alors sur le rebord dangereux des dernières agonies.

Les roses de la splendeur passée gisent sur un sol exhalant des puanteurs inconnues, et l’éclat glacé de l’astre solaire s’étale sur leurs pétales du rouge le plus sanglant.

Les hommes ont été des êtres d’une infinie complexité, et leur destin aurait pu faire figure des tragédies les plus saisissantes. Ils étaient doubles. Leurs couleurs variaient à chaque instant, selon une palette immense. Ils ont été parfois simples, parfois fous. De leurs attitudes se distinguaient la machinerie d’un être de chaire programmé biologiquement à certains comportements, et dans les méandres de leur foi absolue dans des cultures et religions, on plongeait dans les flots de la psyché.

Il est une bête, un monstre, un être des cauchemars. Ses peurs il se les approprie, et les rejoue dans la grande comédie sociale, les faisant subir à ses comparses. Il essaie de s’en purger, par la cruauté, en vain.

Pourtant, cet être possède aussi une extrême sensibilité. Il a le raffinement de la souffrance morale, de la compassion et de la tendresse, mais surtout de la culpabilité. Cette faiblesse étrange et lancinante le conduit parfois à la folie, l’être humain, pris de cours par ses peurs et ses souffrances, se retranche au fond de son crâne, et se protège en refusant tout ce qui l’entour. Les intrusions du monde dans sa carapace résulteront en des hurlements insoutenables : on l’aura reconnecté aux enfers que sont les autres.

Et même la folie et la souffrance brillent d’une surprenante beauté ! Comme un mélange de sang et de ténèbres, elles contrastent et forment des couleurs si vives… ! Elles sont l’émanation de la personne humaine, ce qu’elle fuira avec terreur tout au long de sa vie, et finira toujours, ponctuellement, à se jeter dans leurs bras meurtris sans réflexions supplémentaires.

Etre humain signifie être conscient d’être en vie et souffrir tous les jours de se demander pourquoi, et se terroriser tous les jours de ne plus l’être en fin de compte.

dimanche, 20 décembre 2009

...

Je t'aime.

...

...

Mais chut !

lundi, 14 décembre 2009

Flou de forme

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vendredi, 21 août 2009

Folie dans la maison blanche

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Il voyait cette grande maison dans ses rêves. Majestueuse et immense, sa porte entrouverte, l’attirant de façon quasi irrésistible. Il se réveillait toujours avant de l’avoir franchie, avant même qu’il ait pu voir ce qui s’y cachait. C’était un jeune adulte, enjoué et heureux. Cependant, la porte l’intriguait comme une boite de Pandore.

Il réussit à la franchir, un jour. Derrière se tenait une machine terrifiante et infernale. Insidieusement, il commença une descente aux enfers. Il changeait. Il avait découvert son Autre, qui se cachait dans sa propre tête depuis si longtemps. Certaines personnes sont comme prédestinées à devenir folles.